Retrouver, harmoniser et répéter plus de huit décennies de relevés de végétation pour mesurer l'effet des changements climatiques sur les marges du Grand Glacier d'Aletsch.

Depuis 1850, le Grand Glacier d'Aletsch a reculé de près de 3,4 km, et il pourrait perdre jusqu'à 90 % de son volume d'ici 2100. Ses marges sont aussi l'un des terrains les mieux documentés des Alpes : la végétation y est suivie depuis 1943. Ce projet a rassemblé ces huit décennies d'observations pour comprendre comment la végétation réagit aux changements climatiques, des premiers colonisateurs des moraines jusqu'aux landes et aux forêts d'aroles et de mélèzes.

À gauche, carte postale ancienne du Grand Glacier d'Aletsch vu depuis Belalp, la langue glaciaire remplissant la vallée ; à droite, la même vue en 2024, où le glacier a fortement reculé
Le Grand Glacier d'Aletsch vu depuis Belalp, peu avant 1917 (carte postale anonyme, ETH-Bibliothek Zürich, Bildarchiv) et en juillet 2024 (© D. Baumgartner).

Faire parler les archives

Les relevés de végétation réalisés entre 1943 et 2005 ont été retrouvés dans des publications, des mémoires, des travaux non publiés et des carnets de terrain : 38 carrés permanents et environ 240 relevés ponctuels. Ils ont été numérisés et harmonisés dans une base de données unique, qui permet pour la première fois de les comparer entre eux. Des photographies historiques issues d'archives publiques et de collections privées ont complété cet ensemble.

Retourner sur le terrain

En 2024, les relevés ont été répétés sur une zone d'environ 10 km sur 2, entre 1550 et 2850 m d'altitude. Les carrés permanents ont été marqués à nouveau pour faciliter les suivis futurs, et les lieux des photographies historiques ont été retrouvés et photographiés une nouvelle fois. Sur 53 sites des moraines récentes, le microenvironnement a été mesuré finement : microtopographie, pente, exposition, température et humidité du sol, résistance du substrat et imagerie infrarouge.

Cartographier le changement

Un modèle d'apprentissage profond a été entraîné à reconnaître les unités de végétation sur les photographies aériennes. Il a permis de produire des cartes comparables pour 1970–1986 et pour 2024, et de les confronter à la carte de végétation établie sur le terrain à la fin des années 1960.

Un projet qui combine archives, relevés de terrain, mesures environnementales, télédétection et modélisation pour mesurer le changement sur huit décennies.

Livrables

  • Base de données harmonisée des relevés de végétation de 1943 à 2024
  • Carrés permanents marqués à nouveau pour les suivis futurs
  • Cartes de végétation pour 1970–1986 et 2024
  • Mémoire de master (Universités de Lausanne et de Neuchâtel, 2025)
  • Conférence aux séminaires Umwelt- & Biodiversität de l'Université de Salzbourg (2026)

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